#Presidentielle2017 : Quelles ambitions pour l’école de la République ?

6 avril 2017

A quelques jours de l’élection présidentielle, et alors que les questions d’éducation restent peu traitées par les candidats, Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU, rappelle la vision et les propositions du syndicat majoritaire de l’enseignement secondaire.

TW_Rolet

« Outils de compréhension d’un monde complexe »

Penser l’école de la République est fortement corrélé au projet de société que l’on porte. À cet égard, les discours de certains candidats à la présidentielle sont éclairants ; l’absence de promotion d’un système éducatif résolument démocratique, assurant à tous l’appropriation de savoirs complexes à rebours d’une volonté de sélection précoce, le repli sur les fondamentaux, voire de supposées compétences assurant l’employabilité, s’inscrit dans une société foncièrement inégalitaire. Or, pour le Snes-FSU, l’école de la République, confrontée aux problématiques de la société actuelle, une société en crise, fracturée, percutée par les évolutions induites par le numérique, la transformation du travail, se doit de répondre à de nouveaux défis en élevant le niveau de formation et de qualification des générations futures. Pour cela, elle doit se transformer en profondeur, privilégier à la concurrence le travail collaboratif, repenser l’organisation de la scolarité obligatoire en portant celle-ci à 18 ans, faire en sorte qu’éducation de masse et de qualité devienne réalité. Les maux dont souffre l’école française, minée par les inégalités, en proie au développement de la ségrégation sociale favorisée par les ségrégations sociospatiales et le développement du privé concurrentiel qui n’a aucune contrainte en termes de ­recrutement des élèves, amènent souvent à occulter les véritables débats et poser les bonnes questions.

Pourquoi, depuis le milieu des années 1980, les inégalités se sont-elles déplacées vers le haut au fil de la massification scolaire ? Pourquoi, alors que le service public d’éducation assure toujours sa mission d’émancipation des catégories populaires, le sentiment prédominant est-il celui d’une école qui produit de l’échec, ne permet pas l’obtention de diplômes assurant une insertion durable, ne donne pas à tous une formation de même exigence ? Redonner toute sa place à l’école de la République suppose de s’atteler à la question des inégalités, accorder les moyens humains et financiers nécessaires à l’instauration d’une culture commune propre à donner à tous et à chacun les outils de compréhension d’un monde complexe, d’action au sein de ce dernier, de maîtrise également des évolutions professionnelles. Projet ambitieux qui obligera à penser ce qu’on enseigne, comment on le fait, la place respective des cadres nationaux et de ce qui pourrait être une véritable autonomie pédagogique des équipes… ambitieux mais indispensable, si l’on veut que l’injonction à adopter et s’approprier les valeurs et principes de la ­République ne demeure pas un slogan pour de nombreux jeunes, conscients de l’écart entre ce qui est affiché et leur vécu quotidien. Partant du principe de l’éducabilité de tous, nous devons en finir avec les logiques de réformes sans véritable visée émancipatrice, avoir l’ambition de former ensemble les jeunes, de leur permettre de construire progressivement une véritable culture commune, d’accéder à un haut niveau de qualification au lycée répondant au double souci du développement de l’autonomie et de l’esprit critique comme à celui de la préparation au monde professionnel. Plusieurs conditions seront requises : le consensus de la nation sur les missions de l’école, un temps distingué de celui des enjeux électoraux, un investissement éducatif important, le combat contre la ségrégation sociale.

Tribune parue dans l’Humanité – 5 avril 2017 – article disponible ici


Statu quo dans les collèges

17 septembre 2014

nouvellerepublique2…Le nombre d’élèves par classe est de 24,6 en moyenne, contre 24,3 l’an passé. « Nous sommes en-deça de la moyenne nationale et l’on ne dépasse nulle part le seuil de 29 élèves par classe que nous nous sommes fixés », explique l’inspection. Du côté des syndicats, la lecture des chiffres n’est pas la même. « Il y a stabilité depuis trois ans de certains niveaux et certaines classes surchargées ! En 2011, onze niveaux sur 96 étaient à plus de 27 élèves par classe, alors que ces trois dernières années, ils sont 16 à atteindre les 27 élèves », explique Julien Redon, du Snes FSU…

L’article en intégralité


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