Rentrée2017 : Les mesures du ministre de l’Éducation seront « compliquées à mettre en œuvre » » (Benoit Teste, 23.07.2017, FranceInfo)

24 juillet 2017

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« Dans une interview publiée dimanche 23 juillet dans le JDD, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education confirme des mesures applicables dès la rentrée prochaine. Parmi elles, le dédoublement des classes de CP dans les zones prioritaires et des devoirs en étude surveillée au collège encadrés par des professeurs payés en heures supplémentaires ou des jeunes volontaires de service civique. Benoît Teste, secrétaire général adjoint du syndicat enseignant Snes-FSU, a estimé sur franceinfo que la  de telles mesures seraient « compliquées à mettre en place » par manque de personnels formés. Selon lui, la priorité est de « travailler sur ce qui se passe dans la classe. »

franceinfo : Jean-Michel Blanquer propose la mise en place de l’étude surveillée dès la Toussaint. Cela vous parait possible ?

Benoit Teste : Cela va être compliqué à mettre en place concrètement dans les établissements parce qu’il faut du personnel. Plus que du personnel, il faut former. On nous parle de jeunes du service civique qui vont assurer cette mission. Avec quelle formation ? Comment vont-ils prendre connaissance du fonctionnement d’un établissement, de ce dont ont besoin les élèves ? Dès la Toussaint, cela semble compliqué. Le mieux, c’est d’avoir des études surveillées avec des étudiants surveillants, c’est ce qu’on demande depuis longtemps. Cela peut être une mesure intéressante, effectivement, que les élèves fassent les devoirs à l’école mais on ne résoudra pas les problèmes d’inégalités par ces seules mesures. Il faut surtout travailler sur ce qui se passe dans la classe. Les devoirs surveillés c’est très bien, mais la problématique principale du collège, c’est la manière dont les enseignements se déroulent.

Selon le ministre de l’Education, « le vrai ennemi de l’Éducation nationale, c’est l’égalitarisme ». Quel est votre réaction ?

Le véritable objectif de l’éducation nationale, c’est la démocratisation, c’est d’élever le niveau de qualification de l’ensemble d’une population, d’une classe d’âge. Qu’est-ce que met Jean-Michel Blanquer derrière ce mot « égalitarisme » ? On ne comprend pas bien ou on a peur de comprendre. Si on en revient à une vision élitiste où le but de l’école est de faire réussir seulement quelques-uns, on ne sera pas d’accord.

Jean-Michel Blanquer propose aussi une réforme des internats pour les rendre plus attractifs et en finir avec « l’internat-prison ». L’internat est-il une forme éducative d’avenir ?

On a eu une instrumentalisation avec l’idée que les internats pouvaient être des internats d’excellence sous le mandat de Nicolas Sarkozy. Cela avait fait l’objet de beaucoup de polémiques. Si c’est pour créer de la mixité sociale, c’est une bonne chose. L’internat a souvent été synonyme de privation, de rupture avec le milieu familial, mais il a aussi représenté la possibilité de promotion sociale, l’apprentissage de la rigueur, de l’autonomie. Cela revient à la mode. Il y a eu une décrue dans les années 60-70. Il y a un peu derrière ce mythe de la pension anglo-saxonne, mais c’est une illusion de réussite scolaire.

Les classes de CP dédoublées dès la rentrée, cela vous parait-il possible et avec quels enseignants ?

Il manque beaucoup d’enseignants. On avait un dispositif « plus de maîtres que de classes » qui fonctionnait bien et qui va être redéployé, en grande partie, pour créer ces classes en CP. Il y a un problème de locaux pour faire deux groupes. Cela va être très compliqué à mettre en œuvre. C’est une mesure un peu phare et symbolique qui pourrait avoir un intérêt, mais pourquoi seulement en CP ? Est-ce que les élèves qui ont été 12 en CP ne vont pas se retrouver en difficulté quand ils seront dans des classes plus importantes en CE1 ou CE2 ? »

Lien direct : http://www.francetvinfo.fr/societe/education/refondation-de-l-ecole/rentree-2017-les-mesures-du-ministre-de-l-education-seront-compliquees-a-mettre-en-oeuvre-estime-un-syndicat-enseignant_2296585.html


Brevet des collèges: « Aujourd’hui le contrôle continu prévaut sur l’examen final, ce devrait être l’inverse » (Valérie Sipahimalani, 29.06.2017, BFMTV)

30 juin 2017

2017-02-08_DNBv2Quelque 800.000 collégiens ont commencé à plancher ce jeudi sur les deux grands socles de connaissances du brevet des collèges. Cette année, un nouveau barème donne la priorité au contrôle continu dans l’obtention du diplôme, au détriment de l’examen final. Ce qui dévalorise le brevet, selon Valérie Sipahimalani, secrétaire générale adjointe du syndicat SNES-Fsu.

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« Auparavant, dans le barème du brevet, vous aviez une partie qui était liée au contrôle continu dans les disciplines tout au long de l’année, et puis vous aviez pendant l’examen final des épreuves d’histoire-géographie, éducation civique, français et mathématiques, et une épreuve orale d’histoire des arts. Dans le nouveau brevet, on a remplacé les notes par un « positionnement des élèves » sur huit composantes dans le nouveau socle commun de connaissances, de compétences et de culture. Vous devez positionner les élèves sur une échelle de 1 à 4 dans chacun de ces domaines et sous-domaines, ce qui donne un certain nombre de points.

Ce ne sont pas des notes, et ces « positionnements » ne sont pas forcément en lien avec l’année. Par exemple, vous avez un seul positionnement pour les trois matières que sont l’éducation physique et sportive (EPS), l’éducation musicale et les arts plastiques, alors que ce sont pas du tout les mêmes compétences ni les mêmes savoirs. La LV1 et la LV2 sont sur le même positionnement.

Normalement on fait ça au conseil de classe du troisième trimestre, par rapport à l’avis des professeurs, un petit peu au doigt mouillé car il n’y a pas d’évaluation en général dans les collèges en cours d’année. Ce positionnement représente 400 points sur 700 sur la note finale du brevet. Ce qui fait que certains élèves ont déjà le brevet avant de passer les écrits de l’examen final. »

« Un positionnement plus politique que pédagogique »

« Finalement c’est plus un positionnement politique que pédagogique parce dans certains collèges, on est partis du principe que comme on ne savait pas trop bien faire ce positionnement, on allait sauver les élèves et faire en sorte qu’ils aient le brevet. Là où les choses se compliquent aussi, c’est que ce positionnement est aussi utilisé pour l’affectation des élèves en lycée.

Dans l’académie de Paris par exemple, un certain nombre de chefs d’établissements ont positionné leurs élèves en faisant une réflexion pédagogique, alors que d’autres chefs ont dit: « nous, on va positionner ‘au maximum’ de manière à être sûrs que nos élèves aient l’affectation qu’ils souhaitent ».

Comme on est sur quelque chose qui se fait en fin d’année, c’est beaucoup plus facile qu’auparavant de tordre un peu le bâton et de donner une image des élèves qui n’est pas celle de l’année entière. »

« Le contrôle terminal doit prévaloir sur le continu »

« Nous souhaitons revenir à la prise en compte des disciplines en contrôle continu. Après, on veut bien discuter sur le pourcentage contrôle continu/épreuves finales, et sur le fait que certaines disciplines comme les mathématiques n’ont pas besoin d’être à la fois évaluées pendant l’année et en examen terminal.

Mais on préférerait que la proportion soit inversée, que le contrôle continu compte moins que le contrôle terminal. On a constaté ces dernières années que pour les maths et le français par exemple, les notes en contrôle continu ont parfois peu à voir avec le résultat à l’examen, qu’elles soient supérieures ou inférieures.

Si on veut que le brevet ait un tout petit peu de sens, il faut que ce soit le contrôle terminal qui ait la main sur l’obtention ou non du diplôme. Il doit prévaloir sur le contrôle continu, sinon le diplôme n’a plus de sens. »

Propos recueillis par Liv Audigane

Lien direct : http://rmc.bfmtv.com/emission/brevet-des-colleges-aujourd-hui-le-controle-continu-prevaut-sur-l-examen-final-ce-devrait-etre-l-inverse-1197620.html


Le Bac c’est du sérieux ! (15 et 16 juin 2017)

20 juin 2017

La période des épreuves du baccalauréat est traditionnellement celle où s’exprime un faisceau de critiques sur l’examen. « Trop cher ! Trop lourd ! Inutile ! » Et selon les propositions du nouveau président de la République : « Quatre épreuves et un contrôle continu suffiraient ! ».

Ne nous y trompons pas, les remises en cause régulières du baccalauréat sont en fait dirigées contre le second degré et contre les formations du lycée….

Frédérique Rolet (SG) et Valérie Sipahimalani,(SG adjointe) du SNES-FSU (syndicat majoritaire des enseignants du second degré) répondent aux questions de Maxime Switek sur Europe1 et d’Yves Calvi sur RTL.

Lire aussi : les exigences du SNES-FSU concernant le BAC :
http://www.snes.edu/Baccalaureat-les-exigences-du-SNES-FSU.html


Le Snes et le Snuipp face aux réformes Macron (Café pédagogique)

17 mai 2017

RoletRMCDans une déclaration , le 16 mai, le Snuipp Fsu annonce vouloirs s’adresser au ministre de l’éducation nationale « dès sa nomination » à propos du redéploiement des maitres surnuméraires en CP et à la carte blanche laissée aux maires concernant les rythmes scolaires. Sur ces deux points, le syndicat est en désaccord avec le nouveau président.

Le Snes s’est adressé directement à l’Elysée le 16 mai.  » Nous vous demandons une continuité de certains chantiers initiés sous le précédent quinquennat », écrit le Snes en citant d’abord la revalorisation salariale.  » Nous souhaitons qu’un rendez-vous salarial soit programmé rapidement à la Fonction Publique afin de négocier sur la revalorisation de la valeur du point d’indice, sur la mise en place de pré-recrutements, seuls à même de pallier les difficultés de recrutement dans le second degré ». Le syndicat veut aussi soulever la question de l’autonomie des établissements. « Elle doit pour nous permettre aux équipes pédagogiques d’avoir davantage de pouvoir d’agir sur leur métier, diversifier leurs pratiques et construire des projets tenant compte des publics accueillis, et non pas renforcer le pouvoir du chef d’établissement », écrit le Snes. L’enjeu c’est aussi la réforme du collège et le maintien ou pas des classes bilangues.

Lien du communiqué

Lien de l’article : http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2017/05/17052017Article636306028790834160.aspx


#Presidentielle2017 : Quelles ambitions pour l’école de la République ?

6 avril 2017

A quelques jours de l’élection présidentielle, et alors que les questions d’éducation restent peu traitées par les candidats, Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU, rappelle la vision et les propositions du syndicat majoritaire de l’enseignement secondaire.

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« Outils de compréhension d’un monde complexe »

Penser l’école de la République est fortement corrélé au projet de société que l’on porte. À cet égard, les discours de certains candidats à la présidentielle sont éclairants ; l’absence de promotion d’un système éducatif résolument démocratique, assurant à tous l’appropriation de savoirs complexes à rebours d’une volonté de sélection précoce, le repli sur les fondamentaux, voire de supposées compétences assurant l’employabilité, s’inscrit dans une société foncièrement inégalitaire. Or, pour le Snes-FSU, l’école de la République, confrontée aux problématiques de la société actuelle, une société en crise, fracturée, percutée par les évolutions induites par le numérique, la transformation du travail, se doit de répondre à de nouveaux défis en élevant le niveau de formation et de qualification des générations futures. Pour cela, elle doit se transformer en profondeur, privilégier à la concurrence le travail collaboratif, repenser l’organisation de la scolarité obligatoire en portant celle-ci à 18 ans, faire en sorte qu’éducation de masse et de qualité devienne réalité. Les maux dont souffre l’école française, minée par les inégalités, en proie au développement de la ségrégation sociale favorisée par les ségrégations sociospatiales et le développement du privé concurrentiel qui n’a aucune contrainte en termes de ­recrutement des élèves, amènent souvent à occulter les véritables débats et poser les bonnes questions.

Pourquoi, depuis le milieu des années 1980, les inégalités se sont-elles déplacées vers le haut au fil de la massification scolaire ? Pourquoi, alors que le service public d’éducation assure toujours sa mission d’émancipation des catégories populaires, le sentiment prédominant est-il celui d’une école qui produit de l’échec, ne permet pas l’obtention de diplômes assurant une insertion durable, ne donne pas à tous une formation de même exigence ? Redonner toute sa place à l’école de la République suppose de s’atteler à la question des inégalités, accorder les moyens humains et financiers nécessaires à l’instauration d’une culture commune propre à donner à tous et à chacun les outils de compréhension d’un monde complexe, d’action au sein de ce dernier, de maîtrise également des évolutions professionnelles. Projet ambitieux qui obligera à penser ce qu’on enseigne, comment on le fait, la place respective des cadres nationaux et de ce qui pourrait être une véritable autonomie pédagogique des équipes… ambitieux mais indispensable, si l’on veut que l’injonction à adopter et s’approprier les valeurs et principes de la ­République ne demeure pas un slogan pour de nombreux jeunes, conscients de l’écart entre ce qui est affiché et leur vécu quotidien. Partant du principe de l’éducabilité de tous, nous devons en finir avec les logiques de réformes sans véritable visée émancipatrice, avoir l’ambition de former ensemble les jeunes, de leur permettre de construire progressivement une véritable culture commune, d’accéder à un haut niveau de qualification au lycée répondant au double souci du développement de l’autonomie et de l’esprit critique comme à celui de la préparation au monde professionnel. Plusieurs conditions seront requises : le consensus de la nation sur les missions de l’école, un temps distingué de celui des enjeux électoraux, un investissement éducatif important, le combat contre la ségrégation sociale.

Tribune parue dans l’Humanité – 5 avril 2017 – article disponible ici


Présidentielles 2017 : Et si on parlait éducation ? (#1)

24 janvier 2017

Frédérique Rolet, secrétaire générale et porte-parole du SNES-FSU, s’adresse aux candidtat-e-s à l’élection présidentielle de 2017.


Faut-il réformer le statut des enseignants ? F. Rolet (SNES-FSU) Public Sénat 12.12.2016

9 janvier 2017

Frédérique Rolet, Professeur de lettres en collège et secrétaire générale du syndicat enseignant SNES-FSU, était l’invitée de l’émission « Sénat 360 » sur la chaine Public Sénat consacrée au statut des enseignants et aux propositions du rapport Longuet.

Extrait du vif débat l’opposant à Camille BEDIN, secrétaire nationale du parti Les Républicains, sur les priorités pour combattre les inégalités scolaires.


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