Va-t-on vers une pénurie d’enseignants ? Dans certains établissements, il est parfois difficile de remplacer un prof malade. Difficile d’avoir des chiffres exacts sur le taux de remplacement. Selon le ministère de l’Education nationale, 95% des profs seraient remplacés. La réalité est ressentie différemment.
Pour le ministère de l’Education nationale, 97% des absences d’enseignants sont remplacées dans les collèges lycées, et 92% dans les écoles primaires. La réalité semble bien différente.
Par ailleurs, l’Education nationale n’attire plus. Depuis 2007, tous les postes offerts au concours ne sont pas pourvus, faute de candidats. “L’an dernier, on a eu 376 postes non pourvus en mathématiques”, constate Frédérique Rolet, co-secrétaire générale du SNES. [...]
Le SNES interpelle les candidats à la présidentielle et demande d’urgence que les futurs enseignants soient mieux formés et un minimum rémunérés pendant leurs deux années de master. Il demande une remise à plat de la réforme de la formation des enseignants. Une réforme que la Cour des comptes a épinglée la semaine dernière.
Ecouter la réaction de Frédérique Rolet, co secrétaire générale du SNES, dans le reportage à partir de 4’00″.
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Conférence de Presse du SNES-FSU sur la Formation des Enseignants : consultez le dossier de presse
Depuis la rentrée de septembre, la FCPE et son site Internet Ouyapacours, ont comptabilisé 200 professeurs absents non remplacés en Haute-Garonne. Le manque de moyens est pointé du doigt.
De son côté, Christophe Manibal, secrétaire départemental du SNES (syndicat national de l’enseignement du second degré), tempère : « La baisse des moyens est une réalité, mais au niveau des lycées notamment, les professeurs essaient, dans la mesure du possible, de rattraper les heures d’absence pour ne pas pénaliser les élèves ».
Aujourd’hui, certains professeurs sont remplacés au pied levé par leurs collègues. « Ce système ne fonctionne pas. Remplacer le professeur de français par le professeur de maths, à quoi ça sert ? », interroge Christophe Manibal.
Les enseignants rentrent dans leurs établissements ce vendredi avant les élèves le 5 septembre. Mais celle-ci s’annonce difficile cette année : 16 000 postes sont supprimés alors que les effectifs subissent une forte augmentation.
Dès le 27 septembre, une journée de grève unitaire est annoncée à l’appel des fédérations et syndicats de l’Éducation nationale. “Une grève unitaire, qui rassemble aussi largement et aussi tôt le monde de l’Éducation – primaire et secondaire seront représentés aussi bien dans le privé que dans le public -, c’est une première depuis longtemps”, remarque Daniel Robin, co-secrétaire du SNES-FSU, premier syndicat des collèges et lycées.[...]
L’afflux d’élèves supplémentaires est attribué à une augmentation du nombre des naissances en France au cours de la dernière décennie, avec des pics qualifiés de “minis baby booms”en 2000 et 2005. Pour Daniel Robin, les suppressions de postes sont d’autant plus “inacceptables et incohérentes”, que “ce genre de données démographiques est tout à fait prévisible!”[...]
“Mais cette règle est appliquée à la lettre dans toute la fonction publique, même dans l’Éducation où c’est plus qu’incohérent”, déplore-t-il.
“La politique qui consiste à supprimer des emplois alors que l’on sait que dans les quinze années qui viennent, on aura de 30 000 à 50 000 élèves par an de plus à accueillir, c’est du suicide”, juge Daniel Robin.[...]
Le risque est également de voir certaines matières supprimées. “Ce sont les options qui vont trinquer, mais aussi les langues vivantes”, estime Daniel Robin. Face à la pénurie de professeurs, nombreux sont les établissements qui vont diminuer leur effectif d’enseignements optionnels et se contenter de l’anglais et de l’espagnol pour les langues vivantes.[...]
Pour pouvoir malgré tout assurer une rentrée dans les meilleures conditions, “les professeurs remplaçants ont été utilisés dès la rentrée et affectés dans le secondaire à des postes de permanents”, explique Daniel Robin. Cela signifie qu’il risque d’y avoir des difficultés à remplacer les enseignants malades par exemple. “Dans certaines académies, selon les disciplines, comme en lettres modernes ou en mathématiques par exemple, on n’a plus un seul professeur remplaçant.”
Le syndicat d’enseignants SNES-FSU a donné sa conférence de rentrée avec parmi les gros points noirs de l’année à venir : les suppressions de postes, l’accroissement démographique du nombre d’élèves et le problème du remplacement qui s’aggrave.
Environ 200 personnes se pressaient hier boulevard du Montparnasse à la première journée de recrutement organisé par Pôle emploi avec le rectorat de Paris. Un succès à double tranchant.
Mais cette initiative est loin de satisfaire tout le monde. « C’est une foire aux non-titulaires. L’académie se constitue un stock de précaires et même d’ultraprécaires auxquels on peut faire appel à tout moment, au dernier moment », explique Thierry Ananou, secrétaire académique du syndicat SNES. Il ajoute : « L’académie dit que c’est un moyen pour eux de connaître le métier. Mais on va les mettre directement devant des élèves, sans formation. Si on veut les dégoûter, on ne s’y prendrait pas autrement. »
Le rectorat de Paris et Pôle emploi organisent aujourd’hui une journée de prérecrutement* d’enseignants non titulaires afin d’assurer les remplacements dans les collèges et lycées parisiens pour l’année scolaire 2011-2012.
« On ne s’improvise pas prof de maths en 6e, tempête Thierry Ananou, secrétaire académique du syndicat d’enseignants SNES. Ces non titulaires arrivent sans aucune formation, ils n’ont jamais effectué de stage avec une classe. Il faudrait plutôt recruter des remplaçants titulaires, dont le nombre a baissé d’un tiers en deux ans dans l’académie. » [...]
« Ces enseignants sont recrutés à un salaire bas, sans évolution possible, regrette Thierry Ananou. Les remplaçants partent donc dès qu’ils trouvent un autre emploi. Du coup, il y a un énorme turn-over préjudiciable aux élèves. »
Si le master en alternance expérimenté dans l’académie lilloise par le gouvernement est destiné à offrir une expérience aux futurs profs, ce n’est qu’un « moyen d’obtenir de la main-d’oeuvre pas chère » selon Karine Boulonne, du SNES.
Karine Boulonne pense qu’à travers ce nouveau cursus, le gouvernement « a trouvé le moyen d’obtenir une main-d’oeuvre corvéable à merci et pas chère », pénurie de profs et de remplaçants oblige. Une rémunération est en effet prévue dans le cadre de ce nouveau master en alternance : de 3 000 à 6 000 E pour un contrat d’enseignement de 3 à 6 heures par semaine, et 560 E par mois pour un contrat d’assistant d’éducation. À certaines conditions
La syndicaliste déplore enfin que « le gouvernement ait encore confondu travail et formation ». Le master en alternance est pour elle une « sorte de rustine face à la dégradation de l’Éducation nationale ».
L’académie de Paris organise mercredi avec Pôle Emploi un pré-recrutement pour des postes de professeurs remplaçants. Un statut précaire qui désole les syndicats d’enseignants.
Car, s’il reconnaît que cette année scolaire est déjà “plus tendue que la précédente”, la situation risque de s’aggraver encore l’an prochain. “Les besoins en remplaçants sur Paris sont énormes, explique Thierry Ananou, du SNES-FSU. Il n’y avait que 600 remplaçants titulaires – qui sont des enseignants recrutés sur concours – en septembre dernier contre 900 il y a deux ans. Et avec le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite, il risque d’y en avoir encore moins à la rentrée prochaine.”
Même si l’absentéisme des enseignants est plutôt bas dans la région, de nombreuses situations difficiles sont déjà dénoncées par les syndicats.
La course aux remplaçants est ainsi devenue un sport très répandu dans les rectorats, mais son résultat reste toujours un peu aléatoire, comme on le constate avec ces exemples. « On pourrait les multiplier. Depuis septembre, il n’y a presque plus de titulaires remplaçants disponibles. Ils ont été nommés à l’année. Et le rectorat fait appel à des contractuels », dénonce Magali Espinasse, co secrétaire du SNES Poitou-Charentes.
En marge des soubresauts démocratiques dans le monde arabe, voici la mésaventure d’un enseignant français, en poste au lycée français du Caire. Emporté par la fougue des manifestants de la place Tahrir, il se joint à la foule avec sa propre pancarte. Mais au lieu d’écrire “Dégage Moubarak” comme tout le monde, il a inscrit : “Casse-toi pauvre con”. Oui, il s’agit bien de la réplique désormais culte du président Nicolas Sarkozy. Mal lui en a pris. Le professeur a été rapatrié d’office en France par le Quai d’Orsay. Il est menacé d’être rétrogradé. De plus, il devra rester en France jusqu’à sa retraite, en juillet prochain, alors que sa famille est restée en Égypte.
Situation ubuesque pour les jeunes professeurs qui essuient les plâtres de la réforme de la formation des enseignants. Dans les académies où les sessions de formation sont regroupées sur deux semaines, les proviseurs des établissements où ils enseignent en alternance refusent de les laisser partir, car ils ne sont pas remplacés.
Le syndicat enseignant SNES a demandé à l’Education nationale de rappeler les chefs d’établissements à l’ordre, et a demandé des embauches pour pouvoir remplacer les absents. En ces temps de réduction de postes, le message risque d’avoir du mal à passer.
Cliquer sur le 4ème lien audio en bas de l’article : “Emmanuel Mercier, du syndicat enseignant SNES, dénonce le manque de moyen, et souligne que les professeurs doivent se former. (0’44″)”
Des pêcheurs presque à quai mais aussi des enseignants pressurés! La hausse des prix de l’essence alourdit, en effet, les frais de déplacements des remplaçants et des personnels des réseaux. D’autant que ces frais se confirment mal remboursés. Précarité accrue.
«Imaginez le manque à gagner, ne serait-ce que de 300€ par mois pour un salaire moyen net d’environ 1.700 €. Pour certains, ça signifie des agios à régler à la banque», décrit le syndicaliste, chargé des titulaires remplaçants (TZR) au SNES-FSU Bretagne. Il estime à environ 380 sur environ 1.400 TZR dans l’académie de Rennes, le nombre de ses collègues qui interviennent à l’année dans deux établissements. Dans ce cas-là, ils parcourent les kilomètres qui séparent leur collège ou lycée de rattachement à l’autre établissement dans lequel chacun d’eux est aussi affecté. C’est ce kilométrage qui doit leur être indemnisé.
Une enseignante creusoise doit rouler plus de 200 km par jour pour assurer son service.
Magali a calculé : « Ca me faisait rouler 1.300 kilomètres par semaine. [...] J’aime mon métier et je m’investis. Mais dans ces conditions, il ne peut y avoir un enseignement de qualité. Je suis rentrée de Tours le vendredi soir avec 150 copies à corriger. Physiquement, je n’en pouvais plus ».[...]
Confirmation syndicale au SNES, à Orléans : « Ces situations personnelles catastrophiques sont inévitables, observe Emmanuelle Kraemer, il y a 200 postes de TZR en moins cette année dans l’Académie. En parallèle, le nombre des vacataires augmente et le rectorat fait même appel à des retraités ».