L’Assemblée nationale a voté mercredi la loi Grosperrin sur la formation des enseignants. Un sauvetage express, via la procédure d’urgence, d’une réforme unanimement condamnée et torpillée en novembre dernier par le Conseil d’Etat.
“Depuis, aucune discussion n’a été entamée entre le ministère et nous sur ce sujet», affirme aujourd’hui Daniel Robin, secrétaire général du SNES.
Décidément, le métier de professeur est de moins en moins attrayant. Le malaise se traduit par le biais de chiffres édifiants. Il y avait 92.000 candidats au Capes en 2004 ; il n’y en avait plus que 28.000 l’an dernier. Presque 900 postes n’ont pas été pourvus en 2011 dernier du coup, des enseignants manquant surtout en lettres, maths, anglais ou allemand.
Et cette année, on prend la même direction, s’inquiète le SNES-FSU. Le principal syndicat d’enseignants du secondaire interpelle les candidats à la Présidentielle.
En cinq ans, le nombre de postulants au métier d’enseignant a diminué de 70%. Une véritable crise des vocations, à tel point que dans certaines matières, il y a plus de postes que de candidats. Explications.
Selon cette enquête publiée mardi par le SNES (syndicat d’enseignants du second degré), les concours d’entrée à l’éducation nationale ne font plus le plein de candidats, loin de là. En 2004, ils étaient 92.039. En 2011, ils n’étaient plus que 27.923. Soit une chute de 70%.
Ecouter les interventions de Daniel Robin, co secrétaire général du SNES-FSU dans l’émission de Jean-Jacques Bourdin du 15/02/2012 de 6h à 7h (de 9’30″ à 14’01″)
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Conférence de Presse du SNES-FSU sur la Formation des Enseignants : consultez le dossier de presse
L’Assemblée doit voter mardi la loi Grosperrin, qui vise à entériner la réforme la plus contestée du quinquennat.
Aujourd’hui, c’est un bilan désastreux que dresse le SNES (Syndicat national des enseignements du second degré), de cette réforme, qui, sous prétexte d’économies et d’alignement sur le cursus européen, devait mettre en place la mastérisation de la formation des maîtres, soit leur recrutement à bac + 5, mais qui en réalité jette les jeunes stagiaires à temps complet dans l’arène, avec pour seule préparation, 108 heures de stage à leur actif.[...]
os professeurs sont-ils suffisamment armés pour affronter les nouveaux enjeux de l’école ? Que non, répond le SNES, qui déplore, au même titre qu’une dizaine d’organisations d’enseignants et de parents d’élèves (FSU, SE-Unsa, FCPE, Unef, SLU…), la mort de la pédagogie au profit d’une formation théorique et purement universitaire. Selon l’enquête qu’il publie ce mardi, réalisée en septembre 2011 auprès de plus de 400 stagiaires, les effets néfastes de la suppression de l’année en alternance sont criants : plus de 46 % des stagiaires enseignent auprès de trois niveaux différents (soit trois fois plus de préparation des cours), 38,5 % dans des établissements dits “difficiles” ou dans des classes à examen, plus de 1/5 d’entre eux n’ont pu rencontrer leur tuteur qu’après avoir commencé leurs premiers cours et seuls 13 % ont bénéficié de la formation de cinq jours annoncée par le ministre pour préparer la rentrée scolaire. [...]
Par ailleurs le rapport indique que plus de 70 % des enseignants recrutés pour un emploi à temps plein n’avaient aucune expérience de l’enseignement. Il souligne enfin le grave problème de la réduction du vivier de candidats au concours dont fait part le SNES.
“Quel que soit le gouvernement en place après les élections, il devra rétablir des conditions acceptables d’entrée dans le métier d’enseignant”.
Outre ce message très clair à François Hollande, Daniel Robin, secrétaire général du SNES, en a lancé deux autres. Un à Luc Chatel à propos de la loi Grosperrin. Et un autre à Alain Boissinot, recteur de Versailles, qualifiant “d’escroquerie” les masters d’ enseignement en alternance mis en place dans cette académie.
“C’est une méthode scandaleuse” qu’utilise le gouvernement avec la loi Grosperrin, explique Daniel Robin. Après l’annulation, fin novembre 2011, par le Conseil d’Etat de l’arrêté sur la formation des enseignants, le gouvernement était invité à proposer un nouveau texte. Pour Daniel Robin, il a fait le choix de la proposition de loi Grosperrin pour gagner du temps et imposer la suppression de toute formation professionnelle et des IUFM.
Alors que le SNES, en France, tire le signal d’alarme sur la crise du recrutement dans l’Education nationale, un rapport de la Commission européenne souligne que le cas français n’est absolument pas isolé.
La France d’abord :
Selon le SNES, la politique de non renouvellement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite et le bouleversement de la formation des enseignants ont découragé les candidats au métier de prof.
Le nombre des présents aux concours externes de recrutement est en chute libre. Il est passé de plus de 92 000 à moins de 28 000 entre 2004 et 2011.
Les professeurs stagiaires vont-ils enfin retrouver des couleurs, du rose aux joues ? Le 28 novembre, le Conseil d’Etat a annulé une partie de la réforme contestée de la formation des enseignants. Celle plus connue sous le nom de « masterisation » et qui a projeté des jeunes professeurs non formés, inquiets et livides dans les salles de classe.
Emmanuel Mercier est secrétaire national du Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNES, de la Fédération syndicale unitaire, FSU), à l’origine d’un communiqué. Il analyse :
« Chatel, sûr de son bon droit, a été rappelé à l’ordre. Cela montre à quel point cette réforme a été bricolée par le ministre. »
Le syndicat d’enseignants SNES-FSU a donné sa conférence de rentrée avec parmi les gros points noirs de l’année à venir : les suppressions de postes, l’accroissement démographique du nombre d’élèves et le problème du remplacement qui s’aggrave.
Les inscriptions aux concours 2012 progressent de 6% dans le second degré et de 20% en maths. Mais cela ne préjuge en rien d’un maintien de l’attractivité de la profession chez les jeunes titulaires d’un master. Explications.
Mais ces chiffres recouvrent une réalité plus nuancée. Dans le 1er degré, les inscriptions aux concours se tassent encore (-2,3 % à 42.260) après une forte chute en 2011 (- 48,5 %). Par ailleurs, le nombre de candidats suit généralement celui des postes offerts aux concours. Ceux-ci passant de 11.600 en 2011 à 13.600 en 2012, il est logique qu’il y ait un peu plus de candidats. En revanche, les postes ouverts dans le secondaire stagnent à 8.600. Surtout, “il y a eu un tel trou d’air pour le concours 2011 que cette légère amélioration relève du soubresaut”, ironise Daniel Robin, co-secrétaire général du SNES-FSU (principal syndicat du secondaire). En 2007, ce sont 22.000 postes qui étaient ouverts…
Dans un communiqué, publié jeudi 21 juillet, le ministre de l’éducation Luc Chatel « se réjouit que les métiers de l’enseignement continuent d’attirer les jeunes diplômés ».
La hausse des inscriptions présentée hier présage-t-elle d’une reprise pour la session de 2012 ? Le ministère pense qu’après une « année de transition », la réforme de la formation des enseignants « se met en place de façon satisfaisante ». Secrétaire national du Syndicat national des enseignements de second degré (SNES), Emmanuel Mercier reste prudent. « Cette année, les candidats se sont inscrits à l’aveugle, sans connaître la ventilation des postes ouverts par discipline, explique-t-il. Or, quand les postes diminuent, beaucoup d’étudiants inscrits abandonnent. » Il faudra attendre l’automne pour savoir si « la ruée » se confirme.
Les postes d’enseignants de collèges et lycées ne seront pas tous pourvus à la rentrée 2011 par concours, faute de candidats, mais ils le seront en partie par d’autres voies, a-t-on indiqué mardi au ministère de l’Éducation nationale.
A écouter
Les syndicats enseignants (Daniel Robin, co secrétaire général du SNES) y voit le premier effet de la réforme de la formation des maîtres mis en œuvre à la rentrée dernière
Les réductions d’effectifs ne sont pas en cause cette fois. C’est plutôt le manque de candidats aux concours du CAPES qui pose problème : près de 1000 postes ne sont pas pourvus pour la rentrée prochaine.
Près d’un millier de postes ouverts aux concours de l’Éducation nationale n’ont pas été pourvus pour la rentrée. Le ministère assure qu’il n’y a pas assez de candidats et que le niveau est trop bas. Karine Boulonne, du SNES, pointe la mauvaise image de la profession auprès des candidats potentiels.
Nord Eclair : Plusieurs centaines de postes ne seront pas pourvus, faute de candidat. Quelles seront les conséquences dans l’académie ?
Karine Boulonne : Cela va accentuer les besoins déjà existants. Nous manquons tellement de professeurs de mathématiques que, cette année, une quarantaine d’enseignants de sciences physiques ont été mobilisés sur ces postes. Mais cela se fait au détriment de la qualité de l’enseignement. Ce n’est pas parce qu’un enseignant utilise des modèles mathématiques dans sa matière qu’il est en capacité de les enseigner de manière satisfaisante. C’est un peu comme si on demandait à un professeur d’histoire d’enseigner la littérature… Dès la rentrée prochaine, nous savons par exemple que 40 postes étaient réservés pour des stagiaires en mathématiques. Nous ne les aurons pas tous. C’est la même situation pour les lettres classiques. On demande aux enseignants de lettres modernes de prendre les postes, mais ils ne peuvent assurer les cours de latin, ce qui aboutit à la disparition de l’option dans certains établissements.